Planter & soigner

Tailler un pommier : formation, fructification et restauration des vieux arbres

Planter & soigner · · Publié le 2026-10-21

Pommiers taillés en double cordon horizontal le long d'une pelouse, devant un bâtiment classique
Pommiers taillés en double cordon à Rambouillet (Yvelines). Photo : Mini.fb, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

La taille fait peur à beaucoup de jardiniers, et elle est souvent soit négligée, soit trop sévère. Pourtant, quelques principes suffisent pour tailler un pommier ou un poirier sans l'abîmer. Le but n'est pas de sculpter l'arbre, mais de l'aider à former une charpente solide, à laisser entrer la lumière et à renouveler son bois fruitier.

Pourquoi tailler ?

Un pommier non taillé produit quand même des fruits. Mais avec les années, sa couronne devient dense, les branches s'entrecroisent, le centre reste dans l'ombre et l'humidité, ce qui favorise les maladies comme la tavelure. Les fruits deviennent petits et la production alterne fortement d'une année sur l'autre. La taille vise trois objectifs :

Quand tailler ?

La taille principale des pommiers et des poiriers se fait en hiver, pendant le repos végétatif, entre la chute des feuilles et le débourrement, en dehors des périodes de gel. Elle stimule la pousse de bois au printemps suivant.

Une taille en vert, en été, complète la taille d'hiver sur les arbres vigoureux : on supprime les gourmands, ces pousses verticales très vigoureuses, et on raccourcit certaines pousses de l'année. Elle calme la vigueur au lieu de la stimuler.

Les arbres à noyau, cerisiers et pruniers, se taillent de préférence en fin d'été ou juste après la récolte, par temps sec : ils cicatrisent mieux et risquent moins les maladies qui pénètrent par les plaies, comme le plomb ou la gommose.

Reconnaître les bourgeons

Tailler suppose de distinguer deux types de bourgeons :

Le bourgeon à bois
Pointu, plaqué contre le rameau. Il donnera une pousse feuillée.
Le bouton à fleurs
Gros, arrondi, souvent porté par un court rameau appelé dard ou bourse. Il donnera un bouquet de fleurs, donc des fruits.

Chez le pommier et le poirier, les fruits naissent sur du bois de deux ans et plus, sur de courtes formations qui s'accumulent au fil des années. Supprimer systématiquement toutes les branches courtes, c'est supprimer la récolte. Couper les longues pousses de l'année, en revanche, stimule de nouvelles pousses de bois.

La taille de formation

Pendant les trois à cinq premières années, la taille construit la structure de l'arbre. Pour un haute-tige ou un demi-tige, on choisit trois ou quatre branches charpentières bien réparties autour du tronc, formant un angle ouvert, et un axe central ou non selon la forme recherchée. Les branches concurrentes, trop verticales ou mal placées, sont supprimées tôt, quand elles sont encore fines.

Chaque hiver, on raccourcit légèrement les prolongements des charpentières au-dessus d'un bourgeon tourné vers l'extérieur, pour que la couronne s'ouvre. Il vaut mieux tailler peu et régulièrement que beaucoup et rarement.

La taille d'entretien

Sur un arbre adulte, la taille d'hiver suit un ordre simple :

  1. Supprimer le bois mort, malade ou cassé.
  2. Supprimer les branches qui se croisent, frottent ou poussent vers le centre.
  3. Éclaircir la couronne pour que la lumière pénètre jusqu'au cœur.
  4. Renouveler quelques rameaux fruitiers âgés et épuisés, au profit de rameaux plus jeunes.
  5. Limiter les gourmands, en en gardant éventuellement un ou deux bien placés pour remplacer une branche vieillissante.

Les coupes se font net, avec un sécateur ou une scie bien affûtés et propres, juste au-dessus d'un bourgeon ou à ras de la ride de l'écorce à la base d'une branche, sans laisser de chicot ni entamer le bourrelet de cicatrisation. Désinfecter les outils entre deux arbres limite la transmission de certaines maladies, comme le chancre.

La taille de restauration des vieux arbres

Un vieux pommier abandonné depuis des années peut souvent être sauvé. La restauration s'étale sur deux ou trois hivers : supprimer d'un coup plus d'un quart à un tiers du volume provoquerait une réaction violente de l'arbre, qui se couvrirait de gourmands.

Les grosses coupes se font en plusieurs temps pour éviter que le poids de la branche n'arrache l'écorce. Pour les arbres de grande taille, le travail en hauteur avec une tronçonneuse relève d'un professionnel : une chute depuis un arbre ou une échelle peut être grave. Ces vieux arbres sont souvent le cœur d'un pré-verger haute-tige, dont ils font tout l'intérêt.

Les erreurs fréquentes

Taille et santé de l'arbre

Une couronne aérée sèche plus vite après la pluie : c'est l'un des meilleurs moyens de limiter la tavelure et l'oïdium sans traitement. La taille permet aussi de supprimer les rameaux atteints de chancre ou d'oïdium et les fruits momifiés restés sur l'arbre, qui hébergent la moniliose. Notre article sur les maladies du pommier détaille ces mesures préventives. Et pour un jeune arbre, la taille de formation commence dès la plantation.

Enfin, la taille n'est pas une obligation annuelle pour tous les arbres : un haute-tige adulte, bien formé, peut se contenter d'un passage tous les deux ou trois ans pour retirer le bois mort et éclaircir la couronne.

Sources